• Mallarmé, Le tombeau d'Edgard Poe - Photo de Daniel Gomez

    Tel qu'en Lui-même enfin l'éternité le change, 

    Le Poëte suscite avec un glaive nu 

    Son siècle épouvanté de n'avoir pas connu 

    Que la mort triomphait dans cette voix étrange ! 

     

    Eux, comme un vil sursaut d'hydre oyant jadis l'ange 

    Donner un sens plus pur aux mots de la tribu 

    Proclamèrent très haut le sortilège bu 

    Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange. 

     

    Du sol et de la nue hostiles, ô grief ! 

    Si notre idée avec ne culte un bas-relief 

    Dont la tombe de Poe éblouissante s'orne, 

     

    Calme bloc ici-bas chu d'un désastre obscur, 

    Que ce granit du moins montre à jamais sa borne 

    Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.

    Mallarmé, Le tombeau d'Edgard Poe

    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :